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La brasserie artisanale, une croissance qui ne se dément pas

La volonté des Français de consommer des produits locaux et moins standardisés se traduit également dans le secteur brassicole avec une croissance très importante des brasseries artisanales ces dernières années.

La France est le premier producteur d’orge brassicole en EU et 1er exportateur mondial de malt ce qui conduit à ce que 20% de la production mondiale de bière est issue d’orge et de malt français. En Europe, la France est le 8ème pays producteur de bières. Le pays dispose donc de véritables atouts pour la fabrication de bières artisanales dans le sens où toute la production pourrait se faire sans importations, des matières premières jusqu’au brassage.

 

L'évolution de la brasserie en France

Les travaux de Louis Pasteur sur la levure, qui mèneront au processus de pasteurisation, vont donner naissance aux bières industrielles et la création des grandes brasseries pouvant produire d'importantes quantités.

En un siècle, la France a connu une variation très importante dans son paysage brassicole. Alors qu’au début du siècle, on recensait près de 2800 brasseries en France, le changement du goût des consommateurs puis les deux conflits mondiaux ont raison de la plupart des brasseries françaises. Ainsi, seulement 116 brasseries existaient encore en 1950.

Il faut attendre les années 80 pour qu’un nouvel essor de la brasserie apparaisse en France, avec le passage d’une vingtaine de brasserie à une centaine dans les années 90.

Selon les chiffres de l’Insee, le nombre de brasseries artisanales a connu une augmentation très importante entre 2009 et 2017 où il est passé de 200 à 1000 brasseries. La France est aujourd’hui le troisième pays européen en nombre de brasseries et 70% des bières consommées en France y sont produites.

 

La vente de bières artisanales, un secteur en forte croissance

L’institut d’études Xerfi estime que les ventes de bières artisanales en France représenterait plus de 300 millions d’euros en 2018 et que ce chiffre pourrait atteindre 440 millions d’ici 2020. L’année dernière, les ventes de bières artisanales représentaient 5% du volume total des ventes.

En prenant le marché américain comme marché de référence (11% des ventes), l’institut Xerfi prévoit que le réservoir de croissance est considérable pour la bière artisanale.

 

Source : Xerfi d’après greffes des tribunaux de commerce, douanes,  Acoss, Insee et presse professionnelle.

 

Ces augmentations s’expliquent par un engouement de plus en plus important de la part des Français pour les bières artisanales. Les brasseurs artisans proposent aux consommateurs des produits plus variés et qui répondent à une volonté de consommation locale. De plus, les microbrasseurs ont une capacité d’adaptation et une liberté plus importantes que les brasseurs industriels dans leurs processus de brassage. Ils ont la possibilité de varier leur offre en innovant notamment sur les parfums ou méthodes de fermentation.

 

Lire aussi : Brasseur Indépendant, une nouvelle marque collective

 

Un secteur très concurrentiel et largement dominé par les industriels

La vente des bières artisanales est souvent limitée à leur localité de production où elles s’opposent aux grandes brasseries industrielles.

Alors que 80% des volumes de bières sont écoulés en GMS (Grande et Moyenne Distribution), ce secteur est largement dominé par les industriels. 92% de la bière produite, soit 20,7 millions d’hectolitres annuels, provient des brasseries industrielles, le reste étant brassé par les brasseries artisanales. Les brasseurs artisanaux doivent donc lutter en grande surface contre les industriels qui inondent ces lieux de ventes en raison de leur capacité de production bien plus importante. Les macrobrasseries disposent également de leviers de publicité important quand les microbrasseries ne peuvent se permettre de telles dépenses.

Y voyant un secteur très porteur, les brasseurs industriels se sont également lancés dans le marché de la bière spécialisée. Pour ce faire, ils ont soit développé leur propre gamme de produit se rapprochant des bières artisanales, soit racheté directement des petites brasseries.

De plus, les artisans font aussi face à la forte concurrence étrangère avec l’importation de bières artisanales venant des pays européens voisins, notamment belges.

Au-delà de la GMS, le secteur du « Café, Hôtel, Restauration » est également difficile d’accès pour les artisans en raison de la forte influence que les grandes marques y exercent et qui verrouillent ce marché.

Les brasseurs artisanaux s’orientent de plus en plus vers des bars indépendants ou leurs propres structures de vente pour contourner ces obstacles.

 

Rappel de la DGCCRF sur les obligations des brasseurs 

Avec l’essor du marché brassicole, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) avait enquêté en 2017 principalement auprès de microbrasseries ou de brasseries nouvellement installées.  

Même si elles sont globalement respectées, la DGCCRF a tenu à rappeler les règles de l’HACCP relatives à l’hygiène :

  • propreté des bâtiments et matériels
  • conditions de stockages des matières premières
  • composition du produit
  • procédures et produits de nettoyage

Les points à améliorer que les inspecteurs ont relevés concernent le développement des autocontrôles et l’amélioration de la traçabilité pour un meilleur suivi de la production.

La DGCCRF insiste également sur l’obligation des brasseries à se déclarer en tant qu’opérateur de l’alimentation animale lorsqu’elles cèdent les drêches, les résidus du brassage des céréales, à des éleveurs d’animaux de rentes tels bovins.

Le brasseur est également soumis à des obligations concernant l’étiquetage de ses produits : adresse de production, présence d’allergènes, dénomination légale, etc.

L’appellation de « bière artisanale » répond également à plusieurs exigences.

 

Lire aussi : Ai-je le droit d’utiliser les mentions « bière artisanale » et « brasserie artisanale » ?

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

brasseurs-de-france.com

xerfi.com

lesechos-etudes.fr

lsa-conso.fr

economie.gouv.fr/dgccrf

 

Crédit photo : Pixabay