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Les industries des produits de construction jouent la prudence

11/03/2019
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L’Association française des industries de produits de construction (AIMCC) vient de présenter les résultats de la troisième édition d’une enquête d’opinion intitulée « Tendances Conjoncture AIMCC ». Les premiers chiffres disponibles montrent une progression de l’activité de 2,3 % en 2018, soit moins qu’attendu.

 

Déception pour 2018

« L’année 2018 est décevante, nous attendions de meilleurs résultats avec 4 à 6 % de progression » a expliqué Carole Deneuve, chef économiste de l’Unicem, membre de l’AIMCC.

Dès les premiers mois, le niveau d’activité attendu n’a pas été au rendez-vous pour permettre une poursuite de la croissance, du fait de plusieurs facteurs. Intempéries, reports de chantiers, difficultés de recrutement, conflits sociaux, rabotage des mesures de soutien du secteur, coûts des matières premières et de l’énergie, coûts des biens intermédiaires et des transports…, ont émaillé l’année venant contrecarrer les prévisions.

L’activité des travaux publics est restée solide (+ 7 %)  grâce aux grands chantiers en cours dont le Grand Paris. En revanche, le logement neuf a amorcé sa descente, avec à peine 400 000 mises en chantier. Quant à l’entretien-rénovation, il a enregistré une croissance d’activité de seulement 0,5 %. Conséquence : deux tiers des sondés par l’AIMCC (65 %) indiquent une stabilisation ou une légère hausse de leur activité (+ 0 à 3 %) en 2018 et un quart des adhérents ont enregistré un repli d’activité quand 10 % ont connu une augmentation (de 7 à 9 %).

 

 

 

2019 plus favorable

Les industriels du secteur de la construction se montrent plutôt prudents en ce début d’année 2019. Plus de la moitié des répondants à l’enquête (58 %) ne prévoient qu’une légère progression comprise entre 1 et 3 % et un bon tiers (34 %) table sur une stagnation. Seuls 8 % envisagent un repli.

Le premier semestre devrait rester bien orienté avec de bons carnets de commandes à la clé, a encore estimé Carole Deneuve. Mais le climat des affaires ne sera pas le même au second semestre.

Le non-résidentiel devrait rester solide (+ 2 %) et l’entretien-rénovation connaître une situation identique à celle de 2018 (+ 0,5 %). Le logement neuf devrait poursuivre son atterrissage (- 6,6 %) tandis que les travaux publics devraient enregistrer un tassement de leur activité avec une hausse limitée à 3 % (contre + 7 % en 2018).

Reste que des différences apparaissent selon les activités. Dans le gros œuvre, 38 % des répondants ont connu un repli (de - 1 à 3 %) et autant ont enregistré une progression ( + 1 à 3 %), quand 15 % déclarent une activité stable.

Le second œuvre s’en sort mieux : 53 % annoncent une hausse de 3 %, et 10 % une progression supérieure à 10 %. Dans le même temps, 15 % font état d’un repli. Pour 2019, 38 % tablent sur une stabilisation de l’activité et 52 % envisagent toujours une faible progression, de 1 à 3 %.

Dans le sous-secteur des équipements techniques, 80 % des sondés ont enregistré une modeste hausse d’activité (1 à 3 %), quand 20 % annoncent un léger repli (1 à 3 %). Pour 2019, 40 % misent sur la stabilité et 60 % envisagent une légère hausse en volume.

 

Climat d’incertitude

Les effectifs devraient eux rester stables, voire légèrement progresser en 2019 dans la quasi-totalité des organisations professionnelles ayant répondu à l’enquête.

« 2019 sera encore une année de forte inflation et de défaillances d’entreprises » a commenté Hervé de Maistre, président de l’AIMCC, faisant état d’un réel climat d’incertitude « Il va falloir contenir l’inflation et revoir collectivement à la hausse la valeur qui résulte de l’augmentation de la technicité ».

L’AIMCC rappelle que le retour vers une reprise durable de l’activité tout en maintenant la compétitivité de la filière des industriels de la construction ne pourra se faire qu’avec :

  • un retour des marges pour les entreprises
  • une maîtrise des coûts des matières premières, de l’énergie et des transports
  • un maintien des efforts pour la modernisation du parc industriel avec un soutien à l’économie circulaire et à l’investissement productif
  • une stabilité juridique, réglementaire et fiscale au niveau français et européen
  • la mise en place de parcours de formations professionnelles pour répondre à la pénurie de main d’œuvre qualifiée face à l’arrivée du numérique et des nouvelles technologies.

 

Vers un contrat de filière

Le Contrat stratégique de filière (CSF) signé par les ministres de la Transition écologique et solidaire, de l’Économie et des Finances, et du Logement, devrait constituer une étape positive. L’AIMCC demande notamment qu’une politique industrielle forte soit mise en place dans les régions afin de parvenir à un développement territorial équilibré. L’objectif est de créer de nouvelles conditions de marché qui permettront à toutes les industries en amont et en aval de résister à l’ubérisation numérique, de travailler la compétitivité coût et hors coût de la filière (énergie, carbone, transport et main d’œuvre) et de maintenir le leadership de l’offre française.

Plusieurs projets structurants ont été ciblés :

  • La numérisation des filières
  • Leur stratégie à l’export
  • Le développement de l’économie circulaire
  • L’efficacité énergétique et la massification de la rénovation (lutte contre les passoires thermiques)
  • Le soutien aux PME/PMI dans le cadre du programme de la Banque publique d’investissement
  • L’emploi-formation dans le but d’accélérer efficacement la formation des acteurs de l’écosystème construction/formation

De nombreuses initiatives seront soutenues dans le cadre de la rénovation thermique et de l’efficacité énergétique comme la mise en place du Parcours rénovation énergétique performante (PREP). Un travail sera fait avec les présidents des Régions pour rénover 500 000 m2 de bâtiments d’enseignement (notamment des universités) et définir des bouquets d’actions à mener.

Dans le domaine de l’économie circulaire, les travaux porteront sur la réversibilité et la mdoularité des bâtiments avec comme vitrine le village olympique de Paris 2024.

A l’international, la promotion sera faite à partir de démonstrateurs industriels de la ville durable, avec comme cibles prioritaires la zone méditerranéenne et africaine. Et en matière d’emploi, il s’agira d’améliorer la pertinence des formations en relation avec les besoins des entreprises.

Cinq autres priorités seront encore développées : l’engagement sur le recyclage des déchets, le renouveau des routes fluviales pour le transport des matériaux et des gravats, la lutte contre les îlots de chaleur, la commande publique exemplaire, les services numériques embarqués.

Pour Hugues de Maistre: « Le Comité stratégique de filière sera pratique, tiré par les acteurs économiques, ce qui donne l’assurance d’aller au bout ; Ce sera un projet au service de l’ensemble de la filière et pas uniquement des industriels de la construction, y compris les PME et les artisans. C’est un travail d’équipe ».

 

L’équipe Avisé

 

Sources

batirama.com

batinfo.com

 

Crédit photo : Pixabay