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Location de matériel BTP : un secteur en pleine évolution

25/02/2019

Face à l’essor des chantiers de construction et de travaux publics, le secteur de la location de matériel BTP a enregistré ces dernières années une évolution très positive. La croissance du marché de la location s’est établie au second trimestre 2018 à + 6 %, par rapport au 2e trimestre 2017 et même, à + 14 % par rapport au 1er trimestre 2018. Mais après 12 trimestres de croissance, avec une progression  de 5 à 10 % selon les régions, le secteur table sur un repli en 2019.

Le coup de frein s’explique clairement par l’interruption mi-avril 2018 de l’avantage fiscal par suramortissement de l’investissement productif, qui couplé aux prêts bancaires à taux bas, a boosté les affaires. Le secteur de la location de matériel BTP a en effet beaucoup investi en 2016 (+ 72 %) et en 2017 (+ 40 %).

 

Un repli en 2019

Pour 2018, Joël Fruchard, président du groupe Location au sein du DLR, syndicat national des distributeurs, loueurs et réparateurs de matériels de construction et de manutention, table sur un léger atterrissage au deuxième semestre, même si l’exercice devrait se boucler sur une progression légèrement inférieure à 10 %.  Au 3e trimestre, le chiffre d’affaires s’est en effet établi en baisse de 4 % par rapport au 2e trimestre 2018, ce qui s’explique par les vacances du mois d’août et le ralentissement de l’activité en été.

Mais pour le 4e trimestre, les dirigeants restent plutôt confiants : 64 % des chefs d’entreprises anticipent une croissance de leur chiffre d’affaires et seulement 4 % une baisse. Les 32 % restants tablent eux sur une stabilisation de l’activité. Pour la suite, une stagnation voire un retournement de tendance sont attendus pour 2019.

 

Un secteur concentré

En parallèle, le secteur a continué d’évoluer, afin de s’adapter à la numérisation à venir de l’activité. Pour l’heure, le secteur de la location est plutôt concentré : quelque 1 500 entreprises représentant 3 300 établissements le composent (soit 2,15 agences par entreprise). Il  emploie près de 26 000 salariés soit une moyenne de 17 personnes par entreprise et 8 par agence.

Selon Pierre-Yves Rallet, directeur marketing et commercial du groupe Loxam, - l’un des deux majors du domaine avec Kiloutou-, « un nombre croissant d’entreprises considèrent qu’en dehors de quelques matériels spécifiques à leur cœur d’activité, la location est une meilleure solution que la possession ». De fait, la location de courte ou longue durée, qui est un bon moyen de limiter l’endettement ou l’immobilisation de capitaux, est source de flexibilité et permet de s’adapter aux cycles que connaît l’activité.

 

Des prestations qui se diversifient

La palette des solutions à louer s’étend elle au fil des années. Des produits de niche tels que les bases de vie (pour accueillir du personnel sur les chantiers) et les constructions modulaires, sont de plus en plus recherchés. La location d’unités de traitements d’air, notamment pour les travaux sur sites amiantés ou pollués, de même celle des équipements de sécurité (nacelles, chariots télescopiques, plateforme à ciseaux…), se poursuit.

La demande se développe aussi pour les équipements à motorisation électrique ou hybrides, moins bruyants, propres et répondant aux contraintes environnementales, ou encore pour les drones et exosquelettes qui permettent d’améliorer les conditions de travail.

Au niveau des usages, le comptoir est encore utilisé pour 60 % des locations tandis que la demande de livraison sur les chantiers (dans un rayon de moins de 30 minutes) est en nette augmentation. Quant à la réservation en direct via le web, elle constitue l’avenir du secteur même si elle pose aussi de nouvelles questions. Pour les entreprises, cela requiert en effet de se former aux outils, de rédiger les demandes sur site, et de gérer les échanges.

 

Prendre le virage du numérique

Selon Bertrand Carret, président de la Fédération DLR «  passer au numérique doit apporter plus de services ». Cela demande notamment un important investissement en temps pour les entreprises. Pour les loueurs de petite et moyenne taille, l’e-commerce va prendre de l’importance dans les cinq ans à venir : « il faudra structurer les réseaux, fédérer les loueurs. Le retour d’expériences des adhérents qui travaillent déjà avec les majors du BTP aidera à opérer ce changement… Ce développement coûtera cher et la promesse de ce service n’est pas évidente. Pour autant la location voit un boulevard s’ouvrir devant elle, car la notion d’usage va s’accentuer au détriment de celle de propriété » estime Joël Fruchart.

 

Lire aussi : Aide à l'investissement productif : retour du suramortissement en 2019

Lire aussi : Louer ou acheter son VU : comment choisir ?

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

batirama.com

dlr.fr

 

Crédit photo : Pixabay

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