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Fabriquer des cosmétiques bio

26/04/2019

La fabrication des cosmétiques, bio ou pas, est très encadrée au niveau européen et même national. Les bonnes pratiques s’imposent à l’artisan comme à l’industriel.

 

La réglementation européenne

Constituer un dossier information produit (DIP) est la première étape à franchir.  Le DIP comprend les documents relatifs aux matières premières (fiches techniques, fiches de données de sécurité, bulletins d’analyses de chaque lot), ainsi qu’une description des formules et méthodes de fabrication des cosmétiques bio. Il est appelé rapport de sécurité ou évaluation de la sécurité et est composé de deux parties : la partie « A » réalisé par l’artisan pour ses formulations qualitatives et quantitatives, et la partie « B » qui, elle, est obligatoirement rédigée par un évaluateur ayant le statut de pharmacien ou médecin toxicologue.

L’artisan tient aussi à disposition, dans ce DIP, les preuves des effets scientifiques revendiqués sur l’étiquetage de ses cosmétiques (allégations commerciales). Concernant la certification de non expérimentation animale, l’artisan doit rédiger annuellement, une attestation d’absence de test sur les animaux. Ce dossier DIP, mis à jour régulièrement, doit être conservé 10 ans après la mise sur le marché du dernier lot de produits vendus. Ceci pour rester à la disposition des autorités en cas de contrôle de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Notification sur le portail européen (CPNP= Cosmetic Product Notification Portal) : avant la mise sur le marché, l’artisan transmet électroniquement tous les documents relatifs à la traçabilité : son nom, ses coordonnées, l’adresse où le DIP est consultable, l’état membre dans lequel les cosmétiques sont mis sur le marché, les formules détaillées des produits, l’étiquetage original, et peut y rajouter une photographie de l’emballage, ceci n’étant pas obligatoire.

L’étiquetage est lui aussi très réglementé, les mentions à indiquer concernent :

  • le nom du produit,
  • la liste des ingrédients (INCI = International Nomenclature Cosmetics Ingrédients = nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques),
  • le N° de lot (traçabilité),
  • la PAO (Période après ouverture) liée à la stabilité du cosmétique
  • le nom ou la raison sociale et l’adresse de l’artisan,
  • la fonction du produit (cosmétique bio),
  • le poids à l’emballage,
  • les précautions d’emploi (s’il y en a) qui restent liées aux allégations commerciales prouvées par les documents du DIP.

Le respect des Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) : Il assure aux consommateurs que le produit fabriqué ne représente aucun risque à l’utilisation. Toutes les étapes de la fabrication sont consignées dans un manuel. Elles concernent l’achat des matières premières, leurs conditions de stockage, la production des cosmétiques, leurs contrôles après le temps de cure (test de conformité), les conditions de stockage des cosmétiques emballés, ainsi que celles de leur expédition ou de vente directe. L’artisan constitue parallèlement un classeur des procédures à effectuer pour améliorer ou modifier le process afin d’obtenir le résultat souhaité, à savoir « l’absence de risque pour le consommateur ». En appliquant ces procédures, l’artisan atteint son objectif : proposer aux consommateurs des produits de qualité. Bien qu’obligatoires, ces lignes directives du BPF restent un guide car il n’existe actuellement, aucun organisme de certification officiel, donc tout artisan vigilant doit se tenir informé de l’évolution des règlementations.

 

Réglementation cosmétique

 

Lire aussi : Cosmétiques : sécurité des produits et règles de mise sur le marché

 

La réglementation française

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) demande à tout fabricant de produits cosmétiques qui s’installe, de remplir un formulaire en recommandé avec accusé de réception, au moins 4 jours avant la date de vente des produits.

Les produits cosmétiques contenant une phase aqueuse (eau, hydrolat…) sont très sensibles à la contamination microbiologique. Il est donc indispensable de respecter une hygiène parfaite dans la confection des cosmétiques.

Avant de commencer, procédez donc à un nettoyage consciencieux de tout ce qui peut être susceptible de contaminer votre préparation:

  • votre plan de travail : nettoyez votre plan de travail à l’eau savonneuse puis finissez à l’alcool.
  • vos mains : avant chaque manipulation d’ingrédients cosmétiques, lavez-vous les mains soigneusement et séchez-les avec un linge propre. Évitez les contacts de vos mains avec la préparation et les ingrédients. Dans l’idéal, portez des gants.
  • les ustensiles et les contenants que vous allez utiliser même ceux qui sont neufs.

Il existe 2 méthodes :

                                   1. La stérilisation (pour tout ce qui résiste à la chaleur) : 10 minutes dans de l’eau bouillante ou à la vapeur puis séchage avec un linge propre et sec. Attention : certains contenants plastiques ne supportent pas la chaleur. Dans     ce cas, utilisez la méthode suivante.

                                  2. La désinfection (pour tout ce qui ne résiste pas à la chaleur) : alcool de pharmacie à 70° puis séchage à l’air libre

Le but est d’éradiquer le maximum de germes qui peuvent contaminer les produits. Même naturels, certains ingrédients peuvent être allergisants ou mal tolérés par certains types de peau. Il faudra penser à en informer les utilisateurs sur l'étiquette de l'emballage.

 

Les règles de sécurité et de traçabilité

La réalisation de certains produits cosmétiques nécessite parfois de chauffer à des températures importantes certaines phases ou matières premières. Pour éviter tout risque de brûlure dus aux projections, il est conseillé de porter des gants et des lunettes de protection.

Tenir un cahier de traçabilité ou de suivi  avec le nom du produit, la composition du produit, la quantité utilisée, le numéro de lots de chaque ingrédient utilisé, la date de fabrication.

Étiqueter toujours les préparations : Nom du produit, composition du produit, date de fabrication, limite de conservation, contenance. Enfin, il s’agit de mesurer le pH du produit fini afin de s'assurer qu’il n’est pas irritant.

 

Lire aussi : Cosmétiques : sécurité des produits et règles de mise sur le marché

 

Les règles de conservation

On ajoutera ensuite des conservateurs dans les phases aqueuses pour éviter les moisissures et un antioxydant dans les phases huileuses pour éviter le rancissement. Ne pas hésiter à jeter la préparation à la moindre formation de moisissure ou à la moindre apparition d’odeur désagréable, de changement d’aspect, de couleur… Les préparations doivent être tenues hors de portée des enfants. Toujours choisir des ingrédients et matières premières de qualité bio, contrôler leurs dates d’utilisation optimale (DLUO) et enfin, conserver dans un endroit à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité.

Pour la phase aqueuse des produits,  il faut utiliser de l’eau déminéralisée ou des hydrolats. En effet l’eau du robinet, même si elle est propre d’un  point de vue biologique, contient des substances indésirables (hypochlorites, électrolytes, microorganismes). 

 

Lire aussi: Cosmétiques naturels et bio : tour d'horizon de la nouvelle norme ISO 16128

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L’équipe Avisé

 

Sources :

ansm.sante.fr

ecomundo.eu/fr

lne.fr

 

Crédit photo : Pixabay