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La filière nautique remet le cap sur la croissance

La Fédération des industries nautiques (FIN) vient de  dresser un bilan encore mitigé pour le secteur : « Il aura fallu dix ans pour effacer la crise » a précisé Yves Lyon-Caen, son président, soulignant que la filière dans son ensemble- tous métiers confondus- a retrouvé le niveau de 2008. Aujourd’hui avec près de 41 500 salariés dans 5 468 entreprises, l’emploi est même plus important qu’en 2008.

 

 

Belle réussite à l’export

Mais c’est particulièrement à l’international que le secteur a réussi, avec 75,1 % du chiffre d’affaires réalisés à l’export (contre 62 % en 2008. Il a atteint un total de 4,8 milliards d’euros en 2016-2017. Quelque 52 989 unités ont été produites (3 449 voiliers et 11 190 bateaux à moteur représentant un chiffre d’affaires de 1,09 milliard d’euros).

À l’international, la filière nautique française a su tirer parti de la chute du marché italien : elle exporte désormais vers les autres pays européens et outre-Atlantique. En France, les ventes de bateaux neufs sont également reparties à la hausse mais la reprise est encore fragile avec + 1 %, voile et moteur confondus. Les immatriculations de bateaux à moteur neufs ont augmenté de + 3 % tandis que celles des voiliers ont reculé de - 5 %.

 

Un marché qui fait encore grise mine

Mis en perspective avec ceux de 2016-2017 (+ 9 %), ces chiffres sont considérés comme décevants par la filière. Le marché de la voile demeure morose sauf pour les plus de 10 mètres et les catamarans qui restent dynamiques. Pour leur part, les bateaux à moteur profitent de l’engouement pour les hors-bord. Enfin, le secteur de l’occasion garde le cap d’une certaine stabilité : il y a eu 61 783 mutations de propriétés (en 2016-2017) contre 62 659 lors du millésime précédent. Dans le domaine des moteurs hord-bord, les 4 temps prédominent, avec 16 826 modèles vendus cette année (toutes puissances confondues)  contre 510 hord-bord 2-temps.

 

Enjeu de la déconstruction

Lors des Assises nationales du nautisme et de la plaisance, François de Rugy, ministre de la Transition énergétique et solidaire a rappelé que la filière française de déconstruction des navires de plaisance en fin de vue est « une exclusivité mondiale, qui sera soutenue financièrement par le gouvernement ». Pour lui, elle doit faire « un effet-levier en constituant un accélérateur d’innovation avec l’éco-conception de navire de plaisance de demain ».

Cette filière est porteuse d’emploi et de croissance économique en accord avec les objectifs de la transition énergétique, a pour sa part indiqué Yves Lyon-Caen. Il a invité l’ensemble des professionnels à participer la consultation organisée jusqu’au 4 juin par le gouvernement sur les projets de stratégies de façades maritimes de France métropolitaine ( www.merlittoral2030.gouv.fr);

À noter encore que Jean-Paul Chapeleau, président de l’Association pour la plaisance éco-responsable (APER), la première filière de déconstruction de bateaux de plaisance, a souligné les enjeux : « Les études vont être affinées mais il y a aujourd’hui au moins 40 000 bateaux à déconstruire en France. L’objectif sur les cinq ans est d’en déconstruire 20 à 25 000 » a-t-il précisé ; Le démarrage des opérations va s’effectuer sur 30 sites en France.

 

 

Rattachement de la branche à l’OPCO 2i

Par ailleurs, Yves Lyon-Caen a annoncé le rattachement de la branche de la navigation de plaisance à l’OPCP 2i (inter-industriel). Cette nouvelle s’inscrit dans le cadre de la réforme sur la formation et la liberté de choisir son avenir professionnel. « Il s’agit d’un sujet majeur qui touche à l’adéquation entre les filières de formation et les enjeux des entreprises du nautisme et de la plaisance » a –t-il déclaré. Ce rattachement à la puissance de l’UIMM, crée notamment des ponts vers la plasturgie et les matériaux composites. Il constitue une force de frappe importante tant en matière de formation initiale que de formation continue. La filière nautique travaille avec beaucoup de TPE qui peuvent être en lien avec les formations proposées dans l’artisanat (ébénisterie, artisans d’Art, menuiserie, voilerie, sellerie). Enfin, de grands besoins existent en matière de formation pour la déconstruction des bateaux.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

fin.fr/les-chiffres-cles-du-nautisme

assisesdunautisme.fr

plan.fin.fr/

 

Crédit photo : Gilles Foucras_Outremer Yatching